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Jeudi 12 avril 2007 4 12 /04 /Avr /2007 05:55


Nom : Falamh
Prénom : Morgan

Race : Vampire
Origine : Irlande

Physique :
Plutôt jolie, Morgan. C’est l’une de ces jeune femme vers laquelle beaucoup de regards se tournent, autant par curiosité que par fascination. Sans doute cela doit venir de sa démarche légère et féline, à moins qu’il ne s’agisse de ses courbes. Dame nature a eu l’extrême gentillesse de se montrer plutôt généreuse de ce côté-là, de la poitrine ronde et ferme aux jambes délicatement fuselées, en passant par une chute de rein agréable, une taille fine peut-être fragile. Ses mains fines même esquissent leurs moindres gestes avec une grâce et élégance.
Mais reportez-vous seulement sur son visage pour en observer les traits fins et merveilleusement bien tracés. Sous un adorable nez, ses lèvres pulpeuses s’ourlent souvent d’un agréable sourire, peut-être un peu aguicheur mais ça… Croisez donc son regard et peut-être resterez-vous quelques instants accrochés à un regard charmeur. Ses iris assez sombres ne sont pas noirs pour autant et offrent plutôt une teinte tirant vers un gris argenté subtile. Son teint même, relativement pâle, semble n’avoir été que rarement caressé par le soleil. C’est sans doute pour cela qu’elle ne comporte aucune imperfection, aucun défaut. Pour parfaire cette vision sublime, une cascade de boucles d’un roux enflammé vient s’ajouter, encadrant son visage, tombant en liberté sur ses épaules, le long de son dos, ne cessant leur course qu’à la naissance de la courbe des fesses.
Elle ne se fait pas vraiment remarquer par sa taille, avec son simple mètre soixante-huit. Ce qui la rend remarquable outre ses réguliers sourires enjôleurs et sa cascade de cheveux flamboyants, c’est son apparente douceur.
Pour le style vestimentaire, on ne peut pas dire qu’elle cherche une grande originalité. Elle apprécie beaucoup de style mais dans l’ensemble elle préfère des tenues assez classiques. De jolies robes merveilleusement coupées, une simple barrette pour empêcher de longues boucles de venir voiler son regard, et très peu de bijoux si ce n’est des boucles d’oreilles discrète. Si vous la surprenez dans son existence habituelle, vous la trouverez avec une robe légère dont les ondulations épousent à merveille les variations de ses courbes. Aux pieds, plutôt des escarpins agréables à porter. S’il fait froid, elle préférera un pantalon en jeans merveilleusement moulant et de simples ballerines. Souvent ses épaules sont laissées nues, ou à défaut, elle offre un beau décolleté tout juste suffisant pour deviner le rebord de dentelles d’un soutien-gorge. En soirée elle fait des merveilles, portant de préférence des œuvres de grands couturier avec un penchant net pour les longues robes fendues jusqu’aux cuisses et les hauts tout juste noué sur une nuque découverte par un chignon savamment fait.

Caractère :
Elle semble si douce et si gentille, Morgan. Elle l’est, très certainement. Parlez-lui toute une soirée et, en parfaite concordance avec son charme apparent, elle se montrera polie, à l’écoute, inspirée pour vous faire passer une nuit riche en paroles et plus si affinité. Peut-être la trouverez-vous un peu volage mais ne vous y fier pas, elle n’est pas de celle qui cède trop facilement. Non, ce qu’elle aime, c’est jouer de séduction, vous laisser croire à des merveilles et vous laisser sur votre faim. Or de ces petits amusements, c’est quelqu’un de responsable et de réfléchit, prompt à prêter l’oreille aux moindres problèmes de ses amis. Elle sait aussi faire la part des choses et agir quand c’est le moment, mais de manière générale elle ne semble pas aimer la violence.
Son but ? Une entente entre tous, une coexistence dans la paix et l’harmonie. L’harmonie, vraiment ? Tout est relatif. Ce n’est pas parce qu’un fruit offre une couleur attirante qu’il ne cache pas un ver en son sein. Le défaut dans l’esprit de Morgan ? C’est sa duplicité dont elle fait usage à merveille. Aussi sûre qu’elle se montre performante et convaincante pour calmer les emportements des autres, elle peut subitement changer de masque.
Vous avez commis l’erreur de la provoquer plus d’une fois ? Vous avez essayé de la menacer ? Elle ne vous offre pourtant qu’un sourire neutre dénué d’animosité. Pourtant il existe une frontière à sa patience, et dès que vous l’avez franchi…
Vous tuer ? Oh non, elle ne se le permettrait pas. Non, pas avant de vous avoir détruit psychologiquement. Elle commencera par quelques délicats actes menaçants, sans même que vous sachiez qu’elle en est la cause. Ensuite peut-être en viendra-t-elle à vous attraper et jouer d’une toute autre manière, détruisant lentement votre corps en se délectant de vos hurlements torturés. Et tandis que vous agoniserez, elle vous offrira une dernière humiliation avant de vous faire définitivement passer dans l’autre monde. Sadique ? Non, le mot est trop léger. Cette petite parcelle ne ressort que très rarement mais quand vient l’heure, elle laisse durer son plaisir jusqu’à l’extase. Cela peut durer des heures, parfois des mois. Elle a tout le temps pour s’amuser, tellement de temps…
Alors quand on lui en offre l’occasion, pourquoi se priver ?
Mais cet aspect de sa personnalité n’apparaît que trop peu. Non vraiment je vous assure, regardez-la ! Avec ses délicats sourires, pensez-vous qu’elle serait capable de commettre les pires horreurs ?


Histoire :

Après une longue hésitation, la plume alla finalement plonger dans le flacon d’encre. Au milieu de plusieurs lettres datées d’avril 1814, une main gracile s’empare de quelques feuilles d’un blanc immaculé et commence à tracer des lettres avec élégance et assurance. Pas une goutte ne vient tâcher le commencement de cette écriture…

Irlande, 1385.

Ce devait être à cette époque que je suis morte pour la première fois. Je me souviens de l’éclat du soleil sur la lande verdoyante, de ce vent frais venu du large, mais surtout, je me rappelle la couleur du sang et des entrailles rependues sur le sol, au milieu d’éclats de bois calcinés. A cette époque, les conquérants anglais faisaient des ravages sur le sol de ma partie, massacrant guerriers et paysans, violant femmes et enfants, détruisant des villages entiers dans leur sauvagerie. Je ne me rappelle pas exactement de mon âge. Je devais avoisiner les huit ans quand le corps de ma mère transpercé s’est effondré sur moi, son corps mutilé cachant la petite fille terrorisée que j’étais alors.
Mon père a longtemps pleuré, blessé dans son corps et dans son âme. Il répétait sans cesse les mêmes mots, encore et encore, tant et si bien qu’aujourd’hui ils me reviennent encore parfaitement en tête…
[i] « Pitié, épargnez ma famille, pitié… »[/i]
La fièvre qui accompagna l’infection de ses blessures le tua en quelques jours, lui permettant de fuir aussi bien la folie que l’horreur.
Ce que nous faisions à cette époque ? Ma famille possédait un petit troupeau de mouton. Mon père était imbattable quand il s’agissait de marchander la laine à bon prix, et ma mère était connue dans notre village pour ses talents en tant d’herboriste. En toute honnêteté, malgré le peu de souvenirs qu’il me reste de cette époque, je n’en garde que de bonnes impressions. L’odeur de l’herbe mêlée au vent salé, la douceur du soleil en été et la pureté de la neige en hivers. Les chants de ma mère au coin du feu et l’odeur de tabac de la pipe de mon père.
Mais tout ceci s’est achevé dans un bain de sang.

Quelques coups viennent troubler le silence dans la pièce. La plume cesse d’écrire et la silhouette gracile se relève, avance vers la porte pour l’ouvrir. Quelque fleurs sont déposées dans un vase sur le pallier et les mains délicates s’empressent de les ramasser, humant un instant leur parfum pour les ramener à l’intérieur, refermant la porte. Elle va déposer le vase sur le secrétaire, et reprend la plume pour poursuivre son écriture…

De mon village il ne restait plus grand-chose. Les villageois survivants s’étaient empressés de fuir. Du haut de mes huit ans, que pouvais-je bien faire ? Les Anglais pouvaient revenir n’importe quand. Je n’arrivais pas à dormir, dans le silence j’entendais les prémices d’une nouvelle attaque. J’ai pris ce qu’il restait de moutons et j’ai marché, en direction de la mer, sur le chemin que prenait mon père pour aller vendre le bétail. Là-bas on m’a offert de l’argent contre mes moutons. Avec le recul, je réalise que je me suis très certainement faite avoir, mais peu importe. Je ne voulais qu’une chose, trouver un moyen de survivre. C’est dans ce même port qu’une auberge m’a proposé du travail. Rien de bien concluant, mais en échange du ménage et de la vaisselle, je gagnais le droit de dormir au chaud et de manger au moins une fois par jour. Je ne me souviens plus des traits du propriétaire, mais sa femme restera toujours dans ma mémoire. Une dame douce et bienveillante qui n’hésitait pas à se priver d’un repas pour me permettre d’avoir quelque chose dans l’estomac.
Malgré la guerre, cet endroit restait intact. Le port permettait beaucoup d’échanges commerciaux entre l’Irlande et l’Angleterre, de fait ces derniers ne voyaient pas l’intérêt de le détruire, du moins pas pendant les premières années. Le temps passa, et je devais avoir quinze ans quand tout changea brusquement, une fois encore.
J’étais passée des cuisines au service, ce qui arrangeait bien le patron. C’est incroyable comme une jolie rousse peut attirer de la clientèle. Le soir il m’arrivait même de danser sur les tables pour les ivrognes ou d’accompagner leurs chants de beuverie avec une flûte traversière, recueillant quelques pièces et beaucoup d’éclats de rires. Les marins étaient un peu bourrus, mais bon enfant. Beaucoup racontaient leurs exploits en mer, chantaient des chansons paillardes sur un ton faux mais tellement entraînant que j’en venais toujours à les accompagner avec mon instrument. J’avais appris à l’utiliser avec un vieux loup de mer qui l’avait rapporté d’un voyage. J’oubliais le sang et les cris pour la musique et les plaisanteries. Seulement son Altesse d’Angleterre a décidé que tous les port d’Irlande devaient être la propriété du royaume et voilà mes braves amis marins forcés de payer des taxes si lourdes que pêcher ne leur permettaient plus de nourrir convenablement leurs familles. Ils refusèrent des soumettre, la flotte anglaise attaqua.
Il ne fallu pas plus d’une nuit pour que le port soit investi. Un pêcheur face à un soldat entraîné… Ce n’est pas très équilibré. Un gradé investi l’auberge, menaça le propriétaire et sa femme, exigea le gîte et le couvert pour ses collègues le tout sans le moindre respect pour l’auberge. Je n’ai pas eu mon mot à dire ses hommes envahissaient l’endroit, détruisant le mobilier, vidant les réserves d’alcool sous ses encouragements.
J’ai essayé de m’opposer, ou du moins de lui demander de calmer ses hommes, mais je n’ai récolté pour ma demande qu’un coup de poing à travers le visage. Alors moi aussi j’ai cessé d’être polie. Mais pour le punir, j’ai attendu la nuit.
Il s’était endormi comme une masse peu après avoir vidé une bouteille d’alcool, se moquant que quelqu’un puisse entrer dans sa chambre. Je n’ai pas pu résister, c’était plus fort que moi. Je n’avais rien qui eut pu me servir d’arme, mais j’avais d’autres ressources. En silence, le regard vide, j’avais simplement dénoué le cordon qui me servait de ceinture et, tandis qu’il dormait à plat ventre, je l’ai enjambé, j’ai passé le cordon autour de son cou, et… Il s’est débattu comme un beau diable, mais dans cette position, impossible pour lui de me renverser. Ce fut tout juste s’il avait pu tourner en partie ses bras pour m’attraper les poignets, plantant ses ongles, serrant très fort, mais je ne ressentais même plus la douleur. C’était comme si quelqu’un d’autre avait pris possession de mon corps pour commettre cet acte. Je devrais peut-être en retirer du remord, mais étrangement ce ne fut jamais le cas. Tout s’est déroulé comme le plus naturellement du monde et, après avoir dénoué le cordon, j’ai fouillé dans les affaires du gradé pour lui prendre ce qu’il avait d’or et d’objets précieux sur lui, et je me suis enfuie. A la faveur de la nuit, il ne m’a pas été difficile de me glisser dans les cales d’un vaisseau de l’armée anglaise. Les soldats, trop ivres suite à la fête de leur victoire déloyale, ne m’ont pas remarquée. C’est de cette manière que je suis arrivée au Royaume-Uni. Pour y faire quoi ? Au départ je n’en avais pas la moindre idée.

La main reposa la plume et décrocha un pétale de l’une des fleurs à côté d’elle. Pourquoi écrivait-elle cette histoire d’ailleurs ? Jamais elle n’avait tenu de journal, jamais elle n’avait jugé utile de parler de cette époque à qui que ce soit ou presque. Mais il y a des moments où on se sent le besoin de se confier, même à un simple bout de papier. Elle déposa le pétale dans un coin de sa feuille et attrapa la plume à nouveau.

Il n’y avait qu’une seule chose qui guidait mes pas en Angleterre : la vengeance. En vérité je n’éprouvais pas vraiment de la haine pour les anglais, mais ils tuaient les autres si facilement que je pouvais bien faire pareil avec eux, non ? Les soldats ne m’intéressaient pas. Trop bas sur l’échelle hiérarchique. Celui qui m’intéressait, c’était un général, un de ceux qui décide où et quand les attaques se faisaient. Un qui fermait les yeux sur la sauvagerie des soldats, qui n’avait cure de la souffrance des innocents. Je n’ai pas mis longtemps à trouver ma proie. A vrai dire, le plus difficile fut d’entrer à son service. Il vivait dans une de ces demeures de riches que l’on n’approche pas trop facilement. Mais voyez-vous, il y a toujours une corde sensible à utiliser. La première fut celle de la pitié du vieil intendant. Il m’engagea comme femme de chambre et je quittai mes loques de voyageuse pour revêtir une robe un peu plus adaptée à ce type de milieu. Il fallait croire que je fus une bonne employée pour qu’au bout de quelques semaines la femme du dit général renvoie sa vieille habilleuse pour me choisir à la place. Ce n’était que le premier pas. La seconde corde sensible pour approcher de ma cible n’était autre que le fils du couple noble. Il fallait dire que ma proie était trop souvent auprès de sa Majesté d’Angleterre et pas assez proche de moi pour que je puisse me venger. En revanche le fils… Lui était souvent dans la demeure familiale. C’était un jeune homme timide avec les demoiselles. De ceux qui touchent facilement les cœurs voyez-vous. Il ne m’a pas été très difficile de le séduire. De simples sourires lui laissaient croire beaucoup de choses. Tant de chose à vrai dire qu’après une seule nuit il me demanda en mariage, le pauvre bougre. Il l’annonça d’ailleurs à son père qui, outré, s’empressa de revenir chez lui. Il voulu me parler, ou plutôt me menacer avant de me renvoyer. Mais je m’en moquais à vrai dire. J’étais seule avec lui dans une pièce, pour un entretien dont personne n’était au courant bien évidemment. Inutile de préciser que j’avais pris soin de tout préparer. Pendant un moment j’ai hésité à l’épargner, ce vieux général qui ne voulait que le bien de son fils. Mais j’étais bien trop décidée voyez-vous. Le cyanure, vous connaissez ? Ma mère s’en servait pour empoisonner les prédateurs qui s’en prenaient à nos moutons autrefois. J’ignorais encore à l’époque le nom de ce poison, mais je savais où en trouver et quelles doses étaient radicales. Il l’ingurgita avec son verre d’alcool et mourût trois heures plus tard dans son sommeil, après m’avoir fait promettre de quitter la demeure pendant la nuit.
Je suis restée, personne d’autre n’avait suivit notre entretien. On le déclara mort de vieillesse et, jouant les demoiselles troublées, j’ai rompu les fiançailles, prétextant qu’il aurait été injuste de contrer la volonté d’un défunt. Pauvre jeune homme. J’ignore ce qu’il est devenu, j’ai quitté l’Angleterre peu de temps après. Etrangement, j’eus pu dire que ma vengeance était assouvie. Je n’en voulais pas vraiment aux Anglais à bien y réfléchir. Finalement cette guerre devenait lassante même si elle devait se poursuivre encore quelques siècles. Je n’aspirais qu’à retourner sur ma terre natale, voir la lande, laisser le vent du large s’enfiler dans mes cheveux. Tout ceci me manqua et je m’empressais d’y retourner. Certaines terres étaient devenues des provinces anglaises, mais je m’en moquais. La terre est plus importante que le nom qu’on lui donne. Mes précédents travaux en tant que femme de chambre m’ont permis de trouver rapidement un emploi. Ainsi j’aidais une noble à la préparation de bals, et de fêtes en tout genre. Souvent je m’occupais de faire les courses et choisir aussi bien la nourriture que les tissus pour les nouvelles robes de mon employeuse. Je n’avais que peu de restrictions et même, il m’arrivait le soir de faire quelques longues promenades sur la côte pour apprécier les reflets des étoiles sur l’Océan. Oui, je devais être un peu fleur bleue et malgré mon passé douteux, la beauté m’empli toujours de tendres sentiments.
Je devais avoisiner les dix-huit ans, je pense. Et c’est à cette époque que je quittai l’humanité. A vrai dire, j’ignorais totalement l’existence des Immortels. J’avais bien entendu de sinistres histoires racontées ici et là mais je n’y avais jamais accordé réellement d’importance. Un de ces soirs où la nuit tombe tôt, un repas conviant des nobles de passage eut lieu. A vrai dire jamais je n’étais que rarement présente à ces moments-là, sauf quand mon employeuse désirait quelques morceaux de musiques joués à la flûte. Mon travail se limitait à gérer les allées et venues des autres domestiques dans les cuisines. Pourtant je fus appelée cette nuit à jouer un peu. La noble pour laquelle je travaillais m’a prié de distraire ses invités avant le repas, ce que je fis comme à mon habitude. C’est à ce moment-là que je l’ai vu pour la première fois. Lilith… Une jeune femme belle et sombre. Le genre dont on se souvient voyez-vous. Elle avait un petit quelque chose de fascinant que je ne saisissais pas vraiment. Mais en tant que simple suivante, je me gardais bien de me montrer trop curieuse. Elle partit avant le repas finalement, laissant ma curiosité inassouvie. Ce même soir, libérée de mes devoirs, je m’empressais de rejoindre le bord de mer et… Je la revis. Nous n’avons fait que parler, tout simplement. J’ai pu en apprendre un peu plus sur elle, sans encore savoir réellement ce qu’elle était. Ce ne fut pas la seule fois. Régulièrement à la tombée de la nuit il m’arrivait de lui parler, mais toujours avec un profond respect. Je n’étais qu’une simple servante, non une noble. Mais plus que ça, je ne pouvais pas la considérer autrement que quelqu’un d’exceptionnel sans vraiment savoir pourquoi. Ce fut à elle et à elle seule que je confiai une partie de mon passé, de mes actes peu louables. Elle aurait pu me les reprocher, elle aurait pu me donner aux autorités, mais elle ne fit jamais ni l’un ni l’autre.
A vrai dire, le choix de mon immortalité fut autant le résultat d’un choix que d’un accident. Car voyez-vous, les conflits se poursuivaient toujours en Irlande, et si les Anglais pouvaient venir et s’approprier le terrain, les Irlandais pouvaient aussi très bien se rebeller et attaquer les possessions anglaises. Ainsi le manoir fut attaqué, une nuit d’été. Le tumulte avait réveillé tout le monde. Je dormais dans une chambre non loin de celle de la noble qui m’employait et, dans une volonté non pas de la sauver mais de calmer la fureur des Irlandais, j’ai essayé de les empêcher de la tuer. Je me suis même battue, ce qui était étonnant parce qu’en vérité, je n’y connaissais rien en matière de combat. Mais étrangement quand il s’agit de sauver sa vie, on se montre redoutable. Les deux premiers qui m’approchèrent moururent de mes mains, l’un avec un éclat de miroir dans la gorge, l’autre en basculant par la fenêtre. Je ne frappais pas très fort, mais j’avais le mérite de savoir où planter des objets tranchants pour arrêter un adversaire. Hélas face au nombre, je n’ai rien pu faire et, passant par le balcon de la chambre, j’ai essayé de descendre la paroi pour fuir. J’allais presque réussir, mais sur les quatre derniers mètres je suis tombée. A moitié assommée par la chute, j’ai réussi à titubé jusqu’à la sortie du domaine, vers le bord de mer. Je crois que je devais perdre du sang car quelque chose de chaud et humide me coulait sur la tempe, le long du cou, salissant ma chemise de nuit. Je me suis effondrée sur les pierres du rebord de la falaise, trop affaiblie pour continuer. Si elle ne m’avait pas trouvé sans doute que je serais morte ce soir-là. Je me souviens que je ne voyais ni n’entendait plus grand-chose. Je ne l’ai pas sentie arriver ni me retourner. C’est quand j’ai faiblement ouvert les yeux que j’ai vu son visage. Elle paraissait inquiète, mais la seule chose qui m’avais frappé, c’était sa beauté, comme toujours. Elle m’a simplement offert l’immortalité si je ne voulais pas mourir. Je ne me souviens pas vraiment si j’ai dit oui, mais peu importe. Elle m’a transformé à tout jamais, et je lui en suis reconnaissante. Grâce à elle, j’existe encore, et je vois le monde d’une toute autre manière. Plus que la survie, elle m’a offert un réel avenir.

Après La plume cessa sa course sur le papier et avec un mouchoir, Morgan en nettoya soigneusement l’extrémité avant de la reposer sur le côté. De même, elle reboucha le flacon d’encre et, saisissant la dernière feuille qu’elle venait de remplir, souffla délicatement dessus pour la faire sécher. Puis elle réuni ses écrits et les glissa dans un dossier de cuir qu’elle glissa dans un tiroir. Elle était satisfaite de son travail semble-t-il, car sur son visage un faible sourire était apparu. Elle alla dans sa chambre et s’assit devant la coiffeuse pour fixer sa chevelure en un élégant chignon. Elle était attendue ce soir, inutile de traîner d’avantage.



 ¤†¤


Agenouillée devant une malle, Morgan s’est figée. Elle venait de saisir entre ses mains un dossier en cuir poussiéreux. Depuis combien de temps ne l’avait-elle pas ouvert ? Pas depuis cette soirée d’avril 1814. Cela faisait longtemps ! On était maintenant en 2007. Le temps est bien différent quand on le voit d’un autre œil. Elle ouvrit le dossier et survola les pages jaunies par le temps. Quoi, elle s’était arrêtée seulement là ? Il était temps de rectifier tout ça. Elle emporta le dossier dans la pièce voisine et le posa sur un bureau avant de s’armer d’une plume à réservoir et d’un bloc de feuilles blanches. A nouveau la plume rencontra la page et l’histoire se poursuivit.

Six siècles… Environ six siècles se sont écoulés depuis ma transformation.que s’est-il passé pendant tout ce temps ? A vrai dire tant de choses qu’il m’est impossible de tout relater. C’est en m’éveillant dans ma nouvelle condition que je réalisais pour la première fois que si jamais je n’avais rencontré Lilith, j’aurais vécu une vie humaine courte et insipide. L’humanité est finalement banale. J’en ai tant appris sur ce qui se tramait dans l’ombre que maintenant encore la guerre entre l’Angleterre et l’Irlande me parait ridicule. Elle m’a enseigné ce qu’elle savait sur les Vampires, et aussi sur les Nightmares. J’avais de la peine à imaginer ce genre de créature jusqu’à-ce que j’en rencontre une. Trop jeune et inexpérimentée, ma survie n’est due qu’à une chance hors du commun. C’est pendant une de leur chasse que je les ai vus pour la première fois. Quelles horribles créatures ! Sauvages, menaçantes, puissantes… Ils ont tués des humains, mais aussi des vampires, avec une telle facilité que j’en étais décontenancée. Dans les premiers temps de mon immortalité, j’ai suivi Lilith, avide d’en savoir plus sur elle et les sien, avide de suivre son exemple. J’avais tant à apprendre d’elle ! Elle était à la fois mon maître, ma mère, ma sœur, une personne irremplaçable pour laquelle aujourd’hui encore je donnerai ma vie sans hésiter.
Mais par la suite j’ai voulu voler de mes propres ailes. Oh, je n’étais pas habitée de cette ambition qui dévore les jeunes avides de puissance. Non, ce qui me plaisait dans cette immortalité, c’était la connaissance. J’ai appris les manières des nobles tout d’abord. Puis je complétai mon éducation en apprenant à lire, à écrire. Quelle merveille ! Les humains négligent trop souvent ces choses-là. Je me suis découverte une passion pour la littérature, dévorant romans, pièces de théâtres et poèmes. Le temps me rendant plus avide de découvertes, ce fut les ouvrages d’histoire de géographie et de science qui me passionnèrent. Mais plus que tout, la musique restait ma passion favorite. Je jouais beaucoup de la flûte traversière, mais je ne connaissais pas la musique. Alors j’appris. Solfège, études de partitions, entraînements des heures durant, j’atteignis au bout de quelques années le niveau d’un virtuose selon certains. Enfin qu’importe, cela reste un loisir. Un peu comme les sciences d’ailleurs. J’appris par le biais d’études toutes les plantes que ma mère autrefois utilisait sans en connaître le nom latin. Mais lire et relire les ouvrages de grandes bibliothèques ne me suffisait pas pleinement. Avec tristesse, je résolu de m’éloigner quelques temps de Lilith. Il me fallait voyager de mon côté, découvrir de nouveaux horizons seule et surtout apprendre à être plus forte. Quel infant ferais-je en restant faible ? Un boulet pour Lilith, et je ne pouvais l’accepter. La guerre faisait rage contre les Nightmares, il était temps pour moi de me rendre utile contre eux, même si j’aurais voulu simplement que les combats cessent.
J’appris quelques techniques de combat, entre le XVI et le XVIIème siècle. Un peu en Europe, un peu en Asie, parfois en Afrique. Je cherchais l’excellence, mais force est de constater que malgré des techniques maîtrisées, je ne suis pas l’égale des grands maîtres.
Mais qu’importe, mes talents se situaient ailleurs. Avec le savoir et la parole, on peut obtenir bien plus de choses que par la force. Et je ne me gênais pas vraiment pour acquérir ce qui me plaisait de cette manière.
Il m’arrivait de travailler pour gagner de l’argent. Non que j’en aie réellement besoin, mais je trouvais tellement plus amusant de me mêler au monde humain ! On y trouve de quoi se divertir quand le moral baisse, de quoi se défouler quand l’inactivité est pesante, de quoi s’amuser quand la couche est vide depuis trop longtemps et de quoi se nourrir quand l’appel du sang se fait ressentir.
Mon voyage a duré longtemps, peut-être un peu trop. La tête remplie de connaissances, le corps entraîné pour se défendre, et l’esprit riches de souvenirs plaisants j’en négligeais un peu trop la guerre qui se faisait dans l’ombre. Le nombre des vampires était l’avantage premier contre les Nightmares, et je me résolu comme d’autres à me battre, à ma manière bien sûr.
Je ne me souciais pas vraiment de l’émergence des Lycans. Ils ont un intérêt très scientifique, montrant par leur existence une nouvelle vision du Darwinisme. Ce sont des êtres aux pouvoirs étranges, mais qui savent se contrôler et avec lesquels ont peut avoir d’excellentes relations.
Finalement maintenant que j’y songe, malgré les conflits, je ne ressens pas réellement de haine pour nos ennemis quels qu’ils soient. C’est probablement pour ça que je crois naïvement à une paix… Un jour peut-être. Et si possible je voudrais la voir naître.
A l’heure qu’il est, je mène un autre voyage. Je suis actuellement sur le continent américain, fief de tous les rêves parait-il. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences. Je perfectionne mes connaissances, je me mêle aux nouvelles technologies, aux nouvelles armes. Il n’y a pas à dire, les armes automatiques sont méchamment efficaces. Mais je leur préfère toujours la subtilité de quelques aiguilles recouvertes de poisons. Fourbes, moi ?
Cela fait quelques mois que je découvre ce continent, sans doute vais-je bientôt retourner voir Lilith, retourner en Europe. L’Irlande me manque, l’Ecosse aussi…
Ce résumé de six siècles me semble un peu bâclé, mais bien que j’aime l’écriture, il y a des choses que je préfère ne pas confesser, même à une feuille de papier.

Les nouvelles pages écrites allèrent rejoindre les autres dans le dossier de cuir. Se relevant, Morgan réajusta sa mini-jupe et son chemisier joliment entrouvert sur un soutien-gorge de satin noir. Pas de chignon, juste une barrette pour retenir les mèches de son visage. Ses boucles fauves s’écoulent en liberté sur son dos. Seuls les vêtements ont changé, celle qui les porte est identique à la demoiselle de 1814 et de 1396.



¤†¤



Le douzième coup de minuit retenti. Dehors une série de cris de joie résonne. Il neige beaucoup, mais tout le monde est dehors. « Bonne année », hurlent certains, « bonne santé », hurlent d’autres. Debout devant une cheminée, Morgan sourit amusée. Elle est seule pour ce nouvel an, ou plutôt elle a choisi de ne pas sortir tout de suite. Elle tient entre ses mains un dossier de cuir devenu sec et cassant avec le temps. Sur le sol, des feuilles de différentes matières, de différentes époques sont étalées. Elle s’agenouille simplement, au milieu d’entre elles. Dire qu’elle avait pris la peine de relater son passé... Etait-ce une bonne idée ?
A vrai dire elle n’en savait rien. Elle avait tout relu, du début à la fin. Fallait-il poursuivre ? Elle réuni les feuilles pour les glisser dans le dossier de cuir. C’était une histoire étrange, sa vie. Ni belle, ni affreuse, ni fascinante, juste une existence comme tant d’autre, avec ses points sombres et ses bons souvenirs. Ses yeux gris pétillants renvoyaient les éclats des flammes. Elle ne savait pas. Ou plutôt si, elle savait très bien ce qu’il fallait faire. Son histoire n’appartenait qu’à elle, et pour aller de l’avant il ne faut pas toujours trop s’ancrer dans le passer. D’un geste négligeant, elle jeta le dossier de cuir dans la cheminée. Le feu le dévora rapidement, et pendant qu’il se consumait, Morgan alla chercher son manteau. Ce soir, un jeans merveilleusement moulant, un pull qui soulignait ses formes sur un décolleté plongeant, un foulard de soie autour du cou et un long manteau sombre. Cette fois-ci, elle n’avait rien mis pour retenir ses cheveux qui s’écoulaient en larges boucles sauvages autour et devant son visage. Elle quitta la pièce.
Cela faisait cinq minutes maintenant, cinq minutes après minuit. Bonne année 2112 !

Par Somniatoris - Publié dans : º Personnages º
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 06:14


Nom: Qui s’en soucie ?

Prénom:  Mébaël

Âge:  4255 ans (environ)

Race: Archange


Description physique : 
Si l’on fait abstraction de ses ailes, c’est une femme à l’apparence jeune d’un mètre 75 pour 63 kilos. Elancée, sa silhouette offre les courbes de sa musculature finement dessinée et des formes féminines avec une harmonie qui frise la perfection. Sa peau au teint hâlé paraît avoir longuement baigné dans les lumières du soleil, ses cheveux sombres ondulent librement sur son visage, ses épaules, son dos. Difficile d’en déterminer la couleur. Certains diront qu’ils sont aussi noirs que les ténèbres, d’autres qu’ils ont les teintes d’un désert au lever du soleil. Mais tous s’accordent à dire qu’elle possède un regard effrayant. Ses yeux dépourvus de pupilles ou d’iris, sont aussi blanc que ses énormes ailes immaculées. Lorsqu’elle pose son regard sur un être, elle paraît le juger froidement, prête à abattre le courroux du Seigneur.


Description mental :
C’est surtout au niveau de la pensée qu’elle peut s’avérer inquiétante. Pour autant que l’on puisse se souvenir, jamais elle n’a failli à un ordre de ses supérieurs divins. Tuer, faire souffrir, tant qu’on le lui a ordonné, elle le fait. Fanatisme diront certains, loyauté dira-t-elle. Car oui, c’est bien sa loyauté sans faille qui a fait d’elle ce qu’elle est, qui l’a rendue suffisamment forte pour ne pas se laisser détruire par sa propre cruauté. Cruauté qui ne s’exprime que sous la volonté de ses supérieurs. Si l’on oublie ce détail, c’est une créature de bonté et de bienveillance. Avant la guerre, malgré quelques œuvres qui lui ont coûté cette réputation de monstre, elle était l’exemple même de la douceur et de la finesse.


Histoire : 
Si vous lui demandez qui elle était, quelle fut sa vie d’humaine, elle répondra qu’elle ne s’en souvient pas. C’est peut-être vrai, qui sait. En tous les cas, elle sait que ses origines remontent quelque part non loin de l’Egypte Antique. Elle se rappelle un oasis d’où elle contemplait l’étendue infinie du désert enflammé. Mais c’est à peu près tout ce dont elle se souvient de cette époque. Sa mort reste une brume dépourvue de détails précis dans son esprit. Lente et douloureuse, des cris, des pleurs, des images qui viennent hanter encore aujourd’hui ses cauchemars sans qu’elle n’arrive à se rappeler. Mais ce n’est peut-être pas si mal !

Elle se rappelle sa naissance, ses ailes, se sentiment de plénitude et de bien-être qui avait suivi la tourmente de sa pénible mort. Voilà ce dont elle se souvient le mieux. Puis ses êtres, tous magnifiques et bienveillants, tous d’une morale fantastique. Ils rêvaient d’un idéal, combattaient le mal quel que soit sa forme. Mébaël voulait elle aussi combattre le mal. Ainsi vint son premier combat, sa première épreuve. On lui parla du lieu d’où elle venait, de ce monde de sable traversé d’un seul fleuve. On lui parla de ces hommes qui vivaient dans le mal, torturant leurs semblables pour en faire des esclaves. On lui parla de cet homme, bon et fort, qui voulait protéger ce peuple duquel il descendait. Un être avait murmuré les punissions. Dix plaies, dix anges venus les accomplir. Le premier transforma l’eau en sang, le deuxième envoya une armée de grenouilles, le troisième provoqua l’extension rapide des poux et des maladies qui s’en suivaient. Pour l’aider, le quatrième créa de nuages de mouches, comme cela ne semblait suffire le cinquième détruisit le bétail, source de travail et de nourriture. Ils devaient s’arrêter ici, mais le maître des tortionnaires semblait ne pas vouloir prêter oreille aux différents peuples qui souffraient. Les esclaves de leurs peines, les égyptiens de l’arrogance de leur pharaon. Alors on leur somma de continuer. Un sixième s’attaqua au corps même, provoquant ulcères et douleurs, mais rien n’y fit. Lassés, le septième et le huitième lancèrent respectivement la grêle et un rideau de sauterelles, annihilant les récoltes. Le neuvième décida de jouer avec leur crainte et fit disparaître l’astre du jour à leur vue pendant septante-deux heures. Neuf punitions, ne devaient-ils pas arrêter ici ? Rien n’y faisait, le roi s’obstinait. Mébaël, la plus fidèle et la plus déterminée fut envoyée les punir une dixième et dernière fois. En une nuit elle abattu un à un les premiers nés des égyptiens, s’offrant le fils du roi en dernier, le faisant expirer au premiers rayons du soleil retrouvé. Aurait-elle dû refuser ? Peu importe. Que sont quelques morts pour le bien d’un peuple entier ? Le roi avait enfin compris, c’était lui qui les avait poussés à aller jusque-là.

 

C’est après cet épisode que Mébaël fut cataloguée. Forte et implacable pour les fidèles,   fanatique et immodérée pour les incertains. Qu’importe qu’on lui colle une étiquette de cruauté, Mébaël se savait loyal quoi qu’il puisse arriver. Elle ne pouvait prétendre être fière de ses actes, ça aurait été mentir. Mais en tous les cas, elle ne regretta jamais son obéissance. Obéissance qui lui valu quelques avantages.

 

Puis les années passèrent, les siècles aussi. Seule dans sa présumée cruauté, elle ne se plaignait jamais. On ordonnait, elle exécutait. Elle reçu bon nombre de surnoms tous aussi farfelus que ridicule. L’Exterminatrice, la Crainte de Dieu, le Bourreau ou même la Mort. Des noms qui n’avaient absolument rien à voir, des noms qui impressionnaient alors qu’elle n’avait même pas la moitié de la puissance que sa réputation lui accordait. Rares ont été ceux qui ont réalisés son réel caractère. Mais comme elle se moquait pas mal de ce que ses camarades pouvaient penser, elle conservait un masque d’impassibilité rendu effrayant par son regard vide d’humanité. Les quelques raretés qui l’ont vraiment connue n’existent plus aujourd’hui. Il y eut quelques anges nouvellement nés qui avaient fait sa connaissance avant de connaître son passé, et il y eut le sixième, celui qui provoqua douleur et souffrance du corps. Aussi incompris qu’elle, aussi dégoûté de ses actes, mais prêt à se damné pour sa foi, il s’entendait bien avec Mébaël. Combien de temps sont-ils restés amis ? Combiens de temps ont-ils été amants ? Personne ne le sait avec précision. Leur relation a duré pendant plusieurs siècles durant lesquels ils se sont aimés, se comprenant l’un l’autre.

 

Puis la guerre éclata, le sang devait à nouveau coulé. Mébaël dut endurcir son cœur autant que s’était endurcie sa fausse réputation. Elle était bonne guerrière, mais n’égalisait pas les héros. Elle combattait avec bravoure, mais cachait en son âme une peur démesurée de ce que les combats allaient faire au monde. Jamais elle n’avait cru pouvoir être aussi proche de son amant. Jamais en ce début de guerre elle n’aurait pensé faire ce qu’elle dû faire quelques années plus tard. Vingt-cinq ans de combat, des morts partout, la crainte de la mort surtout. Son amour envoyé au front, elle souvent laissée à l’écart, envoyée uniquement pour des travaux d’exécutions. Puis l’impensable se produisit. Un nom tomba, un être à exécuter, le seul être qu’elle ne voulait pas affronter. Une nuit de retrouvaille, une tendre étreinte, et voilà l’amant transpercé par les lames de Mébaël. Haute trahison, beaucoup d’anges étaient morts parce qu’il avait offert à l’ennemi les stratégies de batailles du clan divin. Il avait avoué avant de mourir. Il souriait même, essuyant d’une main couverte de sang les larmes qui naissaient dans les yeux blanc de la Mort. C’était la dernière fois qu’elle avait versé des larmes. Que lui restait-il ? Sa foi. La seule chose pour laquelle elle avait sacrifié son cœur et son âme. Qu’importe ce qu’on disait d’elle, durant les années qui suivirent, elle s’appliqua avec soin à rendre vrai ce qui était rumeur. A justifier la peur qu’elle inspirait. Mais jamais elle n’a hésité, jamais elle ne s’est dérobée à un ordre.



Armes et objet particuliers:
Autrefois elle combattait avec un cimeterre égyptien (A la lame formant un arc de lune) et deux dagues tranchantes (Mébaël est ambidextre). Mais aujourd’hui, son arme favorite est devenue la faux. Elle n’aime pas particulièrement les armes qui permettent de tuer de trop loin, ça enlève tout l’intérêt de la mort selon elle. Mais pour la frome, elle conserve une arme à feu accrochée à sa cuisse. Lorsqu’elle doit combattre, elle porte volontiers une armure légère, pour ne pas entraver ses mouvements. Le seul objet dont elle ne se sépare vraiment jamais, c’est une sorte de bracelet d’or, un cobra égyptien aux yeux de jade, qu’elle porte au bras gauche en toute circonstance. Il n’est pas magique, il ne dispose d’aucun pouvoir, mais elle semble y tenir énormément.


Autre: 
Mébaël maîtrise l’élément de l’air à la perfection, créant bouliers protection ou lames de vent, tornades et courants d’airs pour dévier les projectiles. Un autre petit talent sont ses pouvoirs de guérisons, mais ils sont limités. Peu douée dans ce type de sortilèges, elle gère mal les pouvoir et tire sur sa propre énergie, ce qui a tendance à l’affaiblir. Sa force physique se situe dans la moyenne supérieure, mais c’est principalement sa rapidité qui fait son efficacité. On ne peut pas dire que Mébaël soit forte à proprement parler.

Par Somniatoris - Publié dans : º Personnages º
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /Nov /2006 18:59


Nom : Inoue

Prénom : Naoko

Age : 16 ans

 

Description physique :

Un bon mètre soixante-huit pour 51 kilos, Naoko présente une silhouette fine et longiligne typique des gymnastes. Elle arbore la courbe discrète d’une poitrine harmonieuse et d’une chute de rein plutôt appétissante. Dans l’ensemble, elle est plutôt musclée, même si ce n’est de manière générale visible que par les jambes laissée en partie visible à cause de l’uniforme de l’école. Les traits de son visage paraissent doux et gracieux, même si une bonne partie reste dissimulée sous des mèches de cheveux courts noirs aux vagues reflets bleutés. Son regard bleus sombre arbore de vagues nuances violacées quand on s’y attarde un peu. Mais on y trouve que rarement la lueur caractéristique des jeunes filles enjouées de son âge. Souvent vide, son regard semble constamment ailleurs, comme perdu, ou alors atrocement sinistre, mais c’est bien souvent indépendamment de sa volonté. Elle a hérité du métissage de sa mère une peau à la teinte hâlée, décoré suite à un stupide pari par des tatouages au style tribal souvent cachés sous le pull de son uniforme.

 

Description morale :

Que ce soit à l’école ou en privé, Naoko affiche toujours un comportement exemplaire. D’un naturel doux, c’est une jeune fille très obéissante qui a appris à faire la part des choses. Elle n’aime pas la violence, elle préfère de loin les discussions agréables sur la littérature entre autre. Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas vraiment une jeune fille timide. Même si elle ne se montre souvent pas très active dans les exercices en groupe, elle n’éprouve aucune gêne à parler devant une classe ou devant un professeur. Par contre, elle ne pose que rarement de questions autres que scolaires, de peur de se montrer indiscrète ou trop curieuse. A part ça, Naoko est très serviable, particulièrement soigneuse dans son travail et avide de nouvelles connaissances. Elle ne s’attend jamais à de la reconnaissance ou à un remerciement. Pour elle, aider les autres devrait être une chose naturelle.


 

Histoire :

 C’est lors d’une soirée d’hivers que Noako fut conçue. Sadako Inoue, moitié japonaise moitié sud-américaine, avait eut le coup de foudre pour le regard noir aux nuances violacées d’un homme d’affaire qui passait régulièrement prendre un verre au bar dans lequel elle travaillait. Il lui fit des avances, elle s’y laissa prendre, et une nuit chez elle, dans son appartement miteux avait suffit à créer Naoko.

 

Elle vint au monde par une douce matinée d’octobre, sans que son « père » n’ait plus jamais recontacté sa mère. Mais au cours de sa grossesse, Sadako s’était fait une raison et décida d’élever seule sa petite fille. Aussi changea-t-elle de travail, quittant le bar pour une place dans un bureau, quitta l’appartement miteux pour un autre mieux chauffé en hivers, dans un quartier un peu mieux fréquenté que le précédent. Comme elle travaillait, c’était la grand-mère de Naoko, sud-américaine, qui gardait la petite, lui parlant espagnol la plupart du temps. Puis elle commença les petites classes, et il lui fallu un peu de temps pour parler convenablement japonais sans y mêler trop de mots espagnols. Les professeurs pensaient qu’elle prendrait du retard à cause de ces petits détails, mais ce fut le contraire qui se produisit. Démontrant un éveil étonnant, elle prouva son avance sur tous les plans par rapport à ses camarades. Pour lui éviter l’ennui, on lui fit, avec l’accord de sa mère, avancer d’une ou deux classes, mais pas plus, pour qu’elle ne soit pas trop gênée par son jeune âge. Tout semblait lui sourire, jusqu’à la longue descente en enfer qui suivit.

 

Alors qu’elle allait chercher Naoko à l’école, sa grand-mère eut un terrible accident devant l’établissement. Alors que Naoko sautillait dans la cour pour rejoindre le trottoir, sa grand-mère se fit renverser sous ses yeux. Ejectée, elle retomba comme une poupée de chiffon aux pieds de la fillette qui n’avait vu qu’une berline noire s’enfuir sans même avoir ralenti. Inutile de préciser l’état de choc de la petite. La grand-mère était morte sur le coup, Sadako était effondrée mais n’avait pas le droit de se laisser aller aux larmes devant sa fille, et le chauffard ne fut jamais retrouvé.

 

La vie continuait, et de la famille de Sadako il ne restait plus personne pour garder la fillette. Alors étant donné les dons de l’enfant, elle préféra plutôt que de la laisser seule à la maison, l’inscrire à des activités extrascolaires. Ainsi Naoko commença la gymnastique artistique, la musique, des cours d’espagnols et de français. Elle se débrouillait bien, sans plus, perdant cruellement sa motivation dans les premiers temps. Puis peu à peu, les choses semblaient s’améliorer. Sadako eut une augmentation, Naoko commença à se montrer aussi douée dans ses activités qu’à l’école, elle venait de fêter ses neuf ans. Puis à nouveau, les problèmes ont émergés. A l’aube de ses dix ans, Naoko semblait devenir un peu instable, disant à sa mère qu’il y avait une berline noire qui passait tout les jours devant l’école quand elle en sortait. Qu’il y en avait parfois aussi une devant la maison, ou encore devant le conservatoire où elle suivait ses cours de musique. On pensa qu’elle devenait folle, personne ne voyait de berline noire en tout les cas. Sadako envoya sa fille chez le psychologue de son école, sans succès. Elle ne lui disait rien, restait cloîtrée dans son silence. Elle fini par ne plus évoquer de voiture du tout, puisqu’on la croyait folle.

 

Puis en rentrant chez elle après une leçon de français, elle vit devant son immeuble encore une autre berline noire. Paniquée, elle se cacha à l’angle de la ruelle. Au bout de moins d’une minute, la voiture démarra et disparu à l’angle opposé de la ruelle. Devenait-elle vraiment folle ? Elle commençait à se le demander sérieusement. Elle chassa ces idées, oui, elle devenait folle, c’était ça, alors elle s’engouffra dans l’immeuble avec la ferme intention de ne plus y penser, de ne pas l’évoquer à sa mère. La porte de l’appartement n'était pas fermée. Ce n’était pas la première fois, Sadako était souvent distraite depuis la mort de sa mère. Naoko ne se posa pas de question et entra tout simplement. L'intérieur était parfaitement rangé, parfaitement propre.

"Maman?"

Elle traversa le hall, après avoir retiré ses souliers, jetant sa veste sur le porte-manteau.

"Maman?"

Elle longea le couloir, elle entendait l'eau couler. La salle de bain?

"Maman?? "

Sa mère avait dû s'endormir dans la baignoire, de l'eau coulait de sous la porte. Non... L'eau n'était pas rouge.


"Maman...?"

La main de la petite se posa sur la poignée, ouvrit la porte...

"Ma.."

Une lame sur le sol, de l'eau légèrement rosée débordant de la baignoire, sa mère gisant les poignets ouverts. Naoko resta une bonne demi-heure la main encore sur la poignée à regarder ce spectacle cauchemardesque avant de réaliser que l’eau coulait toujours. Ce n’est que le lendemain soir que, étonnée de ne pas croiser Sadako dans l’immeuble comme d’habitude, que la concierge fit venir la police. Ils trouvèrent Naoko dans un état second, agenouillée dans l’eau mêlée de sang, recroquevillée contre le bord de la baignoire. Triste histoire, cette mère qui s’est suicidée. On raconta qu’il y avait déjà eu des antécédents dans la famille, et qu’elle ne s’était pas remise de la mort de sa mère. L’histoire s’arrêta là pour la police, mais pas tout à fait pour Naoko. Qu’allait-elle devenir ? Elle n’avait même pas encore fêté ses dix ans, et du côté de sa mère, il ne restait plus personne pour s’occuper d’elle. On la plaça dans un foyer, en attendant de trouver une famille d’accueil. Elle pensait en avoir pour un bon moment au milieu de ces enfants au passé encore plus sordide que le sien. Mais son attente ne dura que deux heures. Elle n’avait même pas prit encore la peine de déballer sa valise qu’un homme se présenta à elle, un homme étrange en costard, avec des jolis yeux violacés quoiqu’horriblement froids. Mais ce fut surtout le bandage qu’il portait à la main droite qui tira Naoko de son état catatonique. Il semblait avoir perdu tout récemment son petit doigt. Un accident, sans doute. Il se présenta comme étant Yamaguchi Jiro, un oncle éloigné du côté de son grand-père. Encore trop perturbée pour émettre la moindre objection, elle se laissa emmener par ce nouveau tuteur.

 

Maintenant, on pouvait facilement dire que Naoko débutait une nouvelle vie. Habituée aux bruits du centre-ville, à une petite chambre dans un appartement, elle dû tout à coup vivre dans un énorme domaine à l’architecture traditionnelle, avec une grande chambre, un immense jardin, et même un dojo, le tout situé aux abords de Tokyo. Le changement fut radical et surtout difficile. « Oncle » Yamaguchi était marié à une femme éprise des traditions et plutôt contre le fait de garder en sa demeure une petite issue d’un milieu qu’elle considérait douteux. Le couple avait également déjà un fils, de huit ans l’aîné de Naoko, qui voyait d’un très mauvais œil l’arrivée de ce qu’il considérait comme un élément perturbateur. Décidément, ça ne commençait pas très bien pour Naoko. Son oncle l’inscrivit dans une école privée, école qui signala rapidement l’avance de Naoko. Mais Yamaguchi s’opposa à ce qu’on la place à nouveau dans une classe plus avancée. Pourtant, loin de vouloir la « brider », il faisait venir, en plus de l’école, des professeurs particuliers pour qu’elle puisse conserver son avance. De même, pour ne pas trop ajouter les changements, il l’inscrivit à des entraînements de gymnastique artistique. A croire qu’il lui accordait tout ce qu’elle pouvait demander !

 

Ce qui n’était pas du goût de l’épouse, qui voyait en Naoko le regard sinistre de Yamaguchi mêlé au métissage de cette femme avec laquelle il l’avait trompé dix ans plus tôt. Elle se devait donc de détester la fillette, non ? Mais avec le temps, elle ne pouvait plus. Naoko était l’exemple même de l’obéissance et de la gentillesse. Parfois elle se montrait un peu trop silencieuse, mais n’était-ce pas dans les traditions ? Elle en venait a apprécier Naoko, et même l’aimer comme si elle fut sa fille, passant de longues heures avec elle à coiffer les longs cheveux de la fillette tout en discutant de livres, puisqu’elles aimaient toutes les deux lire. Le fils aîné n’y trouvait que d’avantage de raisons de détester Naoko, et, quand il ne l’ignorait pas, il faisait des commentaires désobligeant sur la défunte mère pour faire pleurer la petite. Mais à la longue, ce n’eut plus aucun effet sur Naoko qui n’y répondit plus que par une vague indifférence.

 

Puis Naoko eut treize ans, et en rentrant de l’école, elle vit parmi les véhicules sombres de la famille Yamaguchi une berline noire. Elle resta figée un instant, jusqu’à-ce qu’un groupe d’homme d’affaires sortent de la demeurent, regardent bizarrement Naoko et entrent dans le véhicule. Elle ne dit rien, fit comme elle faisait avec son « cousin » et entra dans la demeure. Après le souper, son oncle lui annonça qu’il voulait qu’elle participe comme les autres membres de la famille aux entraînements dans le dojo. Conscient de son manque d’expérience en sport de combat, il décida qu’elle commencerait par des cours intensifs en privé. Bien que n’aimant pas les sports de ce genre, Naoko accepta. Après tout, c’était la première chose qu’il exigeait réellement d’elle. Alors au lieu de poursuivre les cours de langues étrangères, elle s’entraînait tous les jours deux à trois heures ainsi que l’entier de ses dimanches avec un entraîneur particulier. Elle se débrouillait bien, mais était loin de se montrer exceptionnelle. Elle s’y appliquait, mais ne montrait de loin pas autant de motivation que pour la gymnastique artistique. En tout les cas, elle en avait oublié la berline noire qui ne venait la hanter que dans ses cauchemars. Le problème majeur dans sa nouvelle maison, c’était le fils aîné qui, bien qu’il fût adulte et indépendant, haïssait toujours autant Naoko. Par pure provocation, il la traita de lâche, puisqu’elle l’ignorait. Les mots firent mouche, et pour prouver le contraire, il la mit au défi d’oser se faire tatouer. Un défi franchement peu malin que Naoko, blessée dans sa fierté, releva sans peine. Il ne fallu pas être très imaginatif pour entendre les cris outré de la tante et les hurlements de l’oncle. Mais à la plus grande surprise de Naoko, ce ne fut pas sur elle que les reproches tombèrent, mais sur le fils aîné. Elle dut se faire violence dans les jours qui suivirent pour ne pas rire au nez du jeune homme. Ce dernier recommença son jeu d’ignorance au plus grand soulagement de Naoko. Les deux ans qui suivirent furent nettement plus tranquilles. Elle poursuivait l’école, les entraînements éreintants, et les heures à jouer les poupées tout en discutant littératures avec sa tante. En gros, tout se passait à merveille. Même son frère aîné ne cherchait plus à l’insulter ! Autant dire que l’avancée était magistrale.

 

Naoko fêta ses quinze ans, sous le regard froid et sinistre de son oncle. Puis encore une nouvelle provocation. Alors que la jeune fille se montrait suffisamment performante pour aller au dojo avec les adultes de la famille, le fils aîné voulu faire preuve de « gentillesse » en décidant de faire des entraînements supplémentaires avec Naoko. Mais ce fut peu à peu une catastrophe. Il n’hésitait pas à laisser volontairement un coup brutal blesser la jeune fille, l’envoyant souvent au sol avec le souffle coupé. Mais cette fois, personne ne chercha à s’opposer, personne ne le signala à l’oncle. Et un jour, Naoko non plus ne voulu pas retenir un coup. Un seul, avec le pied, droit sur le nez de son cousin. Un « crack » sonore, suivit d’une belle hémorragie, voilà qui avait suffit pour que, attrapant un sabre, il décide d’en finir. Sous les cris de la jeune fille, il agrippa Naoko par les cheveux pour lui exposer la gorge. Sans trop savoir par quel miracle, elle réussi à se dégager à temps pour épargner son cou, mais malheureusement pas ses cheveux… Paniquée, elle attrapa le poignet de son cousin pour éviter qu’le ne puisse à nouveau approcher la lame trop près de sa gorge et glissa avec souplesse sous son bras, le repliant brutalement vers l’arrière. Il y eut deux autres bruits inquiétants, et son cousin s’effondra sur le sol en gémissant alors que, alertés par les cris précédents de Naoko, le personnel de la demeure entra en trombe dans le Dojo. On emmena le cousin à l’hôpital. Il avait l’avant-bras cassé et l’épaule déboitée. L’oncle, avec son air habituellement sinistre, s’approcha de Noako, leva la main et… La posa sur la tête de la jeune fille en marmonnant qu’il allait falloir encore couper pour qu’elle ait une coiffure normale. Inutile de préciser la surprise de la demoiselle qui s’était préparée à se prendre une gifle magistrale. Sa tante s’occupa elle-même de la coupe de Naoko, renonçant à la tradition pour un style plus moderne. Depuis ce jour, elle ne revit plus son cousin dans la demeure. Quand elle demanda, son oncle lui dit qu’il avait choisi de partir vivre en ville, tout simplement. Elle ne posa pas d’autres questions sur le sujet. Les choses reprirent leur court normal, comme si rien ne s’était passé. Personne n’évoqua l’incident du dojo, et même, on lui imposa un entraînement beaucoup plus léger, pour qu’elle puisse consacrer plus de temps à la gymnastique. Mais jamais elle ne s’inscrivit à une compétition, ça ne l’intéressait pas.

 

Puis elle eut seize ans, et en rentrant de l’école privée, elle alla directement voir son oncle.

 

«  Yamaguchi Ojisan’ ? »

 

L’homme sursauta. Plongé dans la lecture d’un dossier, il ne l’avait pas entendu s’approcher.

 

 « Oui, Naoko ? »

 

« Ojisan, depuis une semaine, il y a une berline noire devant mon école… »

 

Elle ne savait pas pourquoi elle lui en parlait, mais il fallait bien qu’elle le dise à quelqu’un. Pour la première fois, on ne lui dit pas qu’elle était folle, ou qu’elle devenait paranoïaque.

 

« Je vois… Ne t’inquiète pas, je vais m’en occuper. »

 

Elle s’inclina et quitta la pièce. Le lendemain, il n’y avait plus de berline noire devant l’école. Hasard ou délire profond ? Naoko pensa  qu’elle avait dû de nouveau avoir des hallucinations. Mais en tout les cas, le problème semblait être résolu. Du moins c’est ce qu’elle croyait. Quand elle fut de retour à la demeure, sa tante était en train de remplir une valise avec des vêtements de Naoko. Son oncle lui annonça qu’il la changeait d’école, qu’elle irait vivre ailleurs, le temps de terminer sa scolarité obligatoire. Il spécifia aussi qu’il voulait qu’elle s’en tienne au programme et qu’elle reste dans une classe avec des jeunes de son âge. Là encore, elle ne posa pas de questions, même si dans sa tête, les interrogations se bousculaient en tout sens. Sa tante glissa dans son sac deux ou trois livres, des recueils de poèmes, des romans, aussi bien en japonais qu’en espagnol ou en français. Puis elle l’embrassa, lui assurant qu’elle lui en enverrait d’autres par courrier. Finalement, après de rapides adieu, elle monta dans la Mercedes de son oncle qui devait la conduire dans cette nouvelle école...

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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 18:37


NOM
Mori


PRENOM Sachiko

SURNOM Kaze (C'est le nom qu'on lui a donné sur internet)


SEXE Féminin

AGE 20 ans

ETAT CIVIL Célibataire


TAILLE 1m68

POIDS 53 kilos

DESCRIPTION PHYSIQUE

Sachiko est ce qu'on appelle une jeune femme aux formes généreuses. Un peu ronde, ses courbes voluptueuses ont fait tourner la tête à plus d'un homme! Et pourtant, elle est toujours seule... Elle garde ses cheveux teints en rose longs, jusque dans le creux de ses reins, et ne les attache soigneusement que pour aller au travail. Ses yeux d'un bleu violacé sont souvent cachés par des lunettes, qu'elle porte presque tout le temps. Sa peau reste relativement pâle, résultat de ces longues heures passées derrière son écran au lieu d'aller profiter du soleil. Son sourire toujours jovial et ses manières chaleureuses font facilement croire qu'elle est neuneu. Mais sous cet air de cruche complète se cache un petit géni souvent effrayant.

SIGNE PARTICULIER
Ses lunettes, qu'elle porte alors qu'elle n'est pas vraiment myope. C'est surtout pour protéger ses jolis yeux des émanations néfastes des écrans. D'ailleurs la couleur même de ses yeux est particulière. Un violet étrange, qui reste tenace dans la mémoire des gens qui l'ont croisée. Un autre signe particulier et ce tatouage qu'elle a juste au creux des reins. Des petites ailes d'ange.

FAMILLE

Sa famille n'a rien de ce qu'on pourrait catégoriser de "célèbre". A l'heure actuelle, ses parents vivent à la campagne, dans cette ferme qui s'est modernisée, où la culture et l'élevage leur donne un revenu assez aisé. Ses frères et sœur, eux, ont tous quitté la maison familiale, soit pour partir à l'étranger, soit pour mener une vie de folie dans les grandes villes.



PASSE
Une histoire? Rien de bien extraordinaire lorsqu'on est né dans une famille de déjà trois enfants. En effet, Sachiko est la petite dernière. Elle a deux grands frères, et une grande sœur. Dès sa naissance, elle a été le centre d'intérêt de ses frères et sa sœur, qui n'avaient de cesse de la chouchouter, de l'entourer, de s'en occuper, au plus grand bonheur des parents qui avaient déjà fort à faire avec leur ferme qui semblait voué à la faillite.

Puis Sachiko fut en âge d'aller à l'école, et dû délaisser ses journées de jeu pour apprendre... Apprendre quoi? Elle savait lire, écrire, et compter à l'âge de trois ans! On lui fit de suite sauter une classe, et en moins de deux mois, elle avait fini le programme scolaire de l'année... Quelque peu surpris, le directeur de l'école décida qu'il était temps de discuter avec les parents.

Après une longue entrevue, tous ont décidé qu'il serait dommage de ne pas faire en sorte que la petite exploite au maximum ses talents. Aussi, malgré les difficultés financières, ils l'envoyèrent dans une école spécialisée, loin de ses frères et de sa sœur. Ce fut sans doute l'un des moments les plus difficiles pour Sachiko. Mêlée à des enfants de riches alors qu'elle n'était qu'une gentille campagnarde, et sans les êtres qu'elle chérissait pour la réconforter, elle a dû vite apprendre à se débrouiller seule. Et là encore, ça n'a pas mis longtemps.

Faisant preuve de capacités assez surprenantes, elle avait su faire en sorte que les enfants bourreaux de l'école ne s'en prennent jamais à elle, et même qu'ils la respectent. On lui proposa là aussi de sauter une classe, mais étant déjà relativement jeune, elle refusa et se tint au programme. L'ennui arrivant, elle témoignait de moins en moins d'intérêt aux cours, se laissant aller, ne faisant plus ses leçons. Remarquant cet ennui, le professeur d'informatique se mit en devoir de relancer la motivation de la fillette. Sachiko avait alors 12 ans.

Il ne lui fallut qu'un semestre pour égaler le professeur en matière d'informatique. Et dans son dos, pour tromper son ennui, elle commença à développer un don incroyable pour le piratage. Elle avait accès aux casiers judiciaires, aux comptes en banques d'à peu près n'importe qui, aux systèmes de sécurité de n'importe quelle entreprise... Mais jamais elle ne s'en est servie. Son challenge était la connaissance, pas la richesse ou le pouvoir.

Mais un jour, alors qu'elle piratait la banque qui gérait le compte de l'entreprise de ses parents, elle découvrit la situation désastreuse dans laquelle se trouvait sa famille. Le frère aîné avait arrêté les études pour aider les parents à la maison, le second frère avait renoncé à son rêve de champion de karaté pour travailler et envoyer de l'argent à la maison, la sœur, elle avait aussi cessé ses études d'art pour payer une partie des cours de Sachiko.

Agée de 13 ans, elle alla voir le directeur, annonça qu'elle acceptait de changer de classe, et fini l'école à 14 ans au lieu de 17. De retour à la maison, elle annonça qu'elle aussi, allait aider les parents. Elle passa une année à étudier en autodidacte la géologie, et avec son frère aîné qui avait étudié l'économie, ils donnèrent des conseils aux parents et en moins d'une année, ils purent doubler leur chiffre d'affaire. Les années qui allaient suivre étaient magiques! Tout remonta, des changements furent opérés, la maison familiale considérablement modernisée. Le frère aîné et la sœur purent reprendre leurs études, le second frère repris les entraînements.

Sachiko décida de faire pareil et, malgré ses quinze ans, elle passa sans difficultés majeures les examens d'entrée de l'université de Tokyo. Elle étudia les sciences politiques principalement, et en hobbies, le bricolage informatique, l'électronique, ainsi que le perfectionnement de ses techniques de piratage. Pour payer ses études, elle faisait des petits boulots comme tester les systèmes de sécurité informatique de certaines entreprises, ce qui lui valu assez d'argent pour achever ses études.
Malgré son jeune âge, elle grandissait vite, physiquement. Et elle ne manqua pas d'avoir un semblant de succès auprès de ses camarades. A 17ans, elle commença à délaisser ses bouquins pour sortir un peu, aller à des soirées, faire ses bêtises de jeunesse, se réveiller avec un mal au crâne carabiné sur la moquette d'un couloir. Elle y connu aussi ses premiers amours, ses premiers échecs. Difficile de garder un homme quand au lieu d'aller voir son match de foot, on préfère pianoter sur un clavier d'ordinateur...

Mais cela restera quand même de bons souvenirs! A 18 ans, son diplôme en poche, elle rentra passer quelques mois à la maison chez elle. Sa sœur travaillait pour un styliste renommé en Italie, le deuxième frère débutait le championnat de karaté, et le grand frère faisait ses premiers pas dans la gestion de la ferme familiale. Sachiko décida qu'il était temps pour elle aussi de se faire un plan de carrière. Ce qui lui plaisait? Continuer ses petits jeux informatiques sans en faire un emploi. Ce qu'elle voulait? Un job où ses compétences sont reconnues, mais où elle n'avait pas besoin de diriger, ou de gérer. En gros, elle voulait surtout se la couler douce... Secrétaire!



CARACTERE
D'un naturel délicat, aimable, Sachiko est le type de jeune femme qui se montre efficace et agréable dans son travail. Encore un peu rêveuse, elle croit à l'amour romantique, même si jusque-là, elle a toujours vécu le contraire. Son style naturellement naïvo-neuneu donne toujours l'impression qu'elle ferait un pigeon idéal! Elle cultive d'ailleurs cette illusion. Mais au fond, c'est le genre de femme dont il vaudrait mieux se méfier. Adepte des coups fourrés, elle n'hésite pas à pourrir la vie de celui ou celle qui a osé penser essayer de l'arnaquer. Magouille des fichiers de police, blocage des cartes de crédit, coupure d'électricité dans un appartement en particulier... Des petits désagréments certes non mortels, mais excessivement invivables! Et pour elle, ce n'est qu'un jeu. Vous êtes prévenus!


GOUTS VESTIMENTAIRES
Et bien... Au travail, elle privilégie les tailleurs sur mesure et le maquillage assorti impeccable, toujours classe. Lorsqu'elle est chez elle, c'est plutôt chemise légère et minishort pour plus de confort. Lorsqu'elle sort en soirée, c'est pantalon à l'aise, baskets, et joli haut qui met bien en valeur.

AIME
Ce qu'elle aime avant tout, c'est sa famille. Même si ils sont loin, elle ne peut s'empêcher d'envoyer au minimum un mail par jour à chacun des membres de sa famille. Elle apprécie aussi beaucoup les plats chinois à emporter! C'est d'ailleurs ce qu'elle mange le plus le soir chez elle. Il faut dire qu'elle est excessivement mauvaise cuisinière. Bien qu'elle ait une légère préférence pour les hommes, elle ne se gêne pas pour reluquer les femmes. Comme dit souvent sa sœur, quand quelque chose est beau, il faut le regarder! Elle aime encore tellement d’autres choses! Son ordinateur, son téléphone portable, son furet... Mais bon, s’il fallait faire une liste, on ne s'en sortirait plus!

DETESTE
Elle déteste les gros lards pervers et vicieux. Ils lui font à peu près le même effet que les cocktails régurgités d'un ivrogne au coin d'une rue... Plutôt gerbatif! Ce qu'elle n'aime pas non plus, son appartement sans dessus dessous quand elle y laisse son furet. Faut dire qu'il n'aime pas rester seul trop longtemps!

PECHE MIGNON
Le pianotage... Dès le matin, en petite tenue, voir même sans rien du tout, elle se colle derrière son écran d'ordinateur. Une autre de ses petites faiblesses, c'est le shopping... Honte à elle! Elle adooooore passer des heures à contempler des chaussures dans une vitrine! Peut-être est-elle un peu blonde sur les bords... Un autre pêché mignon? Se teindre les cheveux! Elle le fait tout le temps! Et toujours en rose! Rose pétant, rose pâle, rose à reflets ou mat, rose bonbon, rose fuchsia! Et le pire, c'est que ça lui va bien!

OBJET PREFERE
Elle se promène toujours avec un téléphone portable, quelque peu modifié, pouvant servir de petit ordinateur portatif. Mais surtout, ce dont elle ne pourrait se passer, c'est d'un sac à main. Dedans, elle y loge un tas de bricoles! Allant du poudrier au couteau suisse. Et parfois, on y trouve même une boule de poil d'un goût douteux.

ANIMAL DE COMPAGNIE
Un furet baptisé Sanzoku (bandit) en raison de sa fourrure plus sombre autour des yeux. Elle l'a trouvé encore bébé qui rôdait seul autour de la maison familiale. Elle en a fait son compagnon de route et le traîne partout! Sans forcément en être consciente, d'ailleurs...






Par Somniatoris - Publié dans : º Personnages º
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